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  • Philippe De Grandpré

Les opiacés : par où commencer?


Voici le premier article d’une série de 4 portant sur la famille médicamenteuse des opiacés.

Les opiacés sont une famille de médicaments dérivés de la morphine. On les utilise pour le traitement de la douleur modérée à sévère.Ils agissent en se liant aux récepteurs opiacés, dont il existe 3 principaux types (delta, kappa, mu). Pour le traitement de la douleur, le récepteur mu est le plus intéressant.

Les opiacés agissent en réduisant la perception de la douleur. Comme on retrouve des récepteurs mu presque partout dans le corps, cela explique l’abondance d’effets secondaires liés aux opiacés, tels que la constipation, la fatigue, la nausée et les vomissements, les étourdissements, etc.Il importe de questionner les patients sur la présence d’effets indésirables, la plupart de ceux-ci étant temporaires et gérables avec la médication appropriée.

Il est important également d’aviser les patients que les opiacés vont réduire la douleur, nonpas l’éliminer. Il est également important d’aviser les patients que la dose devra fort probablement être ajustée au fur et à mesure, et qu’il est possible qu’il n’y ait pas, ou peu, de soulagement dès le départ.

La prise d’opiacés demande donc des visites régulières avec son professionnel de la santé afin d’apporter les ajustements adéquats à la médication.

Les outils à notre portée

Plusieurs outils cliniques sont disponibles pour nous permettre de bien encadrer le patient. Mais avant toute chose, il faut se rappeler que l’on évalue la douleur. Si vous traitez une douleur qui ne répond pas à des opiacés, ou si l’histoire médicale du patient comporte des diagnostics flous ou présente une douleur inexplicable par un problème périphérique ou neuropathique, il est probablement mieux d’éviter les opiacés et de choisir une option de traitement différente.

Une liste de plusieurs conditions ne répondant pas aux opiacés ou dont l’usage est controversé est disponible. Voici quelques exemples :

  • Maux de tête

  • Syndrome du côlon irritable

  • Douleur pelvienne

  • Trouble de l’articulation temporomandibulaire

  • Douleur faciale atypique

  • Douleur thoracique d’origine non cardiaque

  • Maladie de Lyme

  • Coup de fouet cervical (whiplash)

  • Microtraumatismes répétés (tennis elbow)

Bref, la plupart des douleurs que l’on qualifie de fonctionnelles (ou de sensibilisation centrale) ne répondent pas aux opiacés, ou bien leur usage est controversé, car les risques d’usage abusif ou de toxicomanie sont plus élevés chez certaines catégories de patients.

Restez à l’affût de la suite de ce dossier dédié aux opiacés. La prochaine publication portera sur l’évaluation bio-psycho-sociale du patient et de sa relation avec son professionnel de la santé. À suivre!

Par Philippe De Grandpré Pharmacien spécialisé en douleur chronique

#Opiacés

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